jeudi 13 mars 2008

La Loreley

A Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

O belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes Ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Va t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil




Guillaume Apollinaire
in Alcools

La yerba mate

La luna se moría de ganas de pisar la tierra. Quería probar las frutas y bañarse en algún río.

Gracias a las nubes, pudo bajar. Desde la puesta del sol hasta el alba, las nubes cubrieron el cielo para que nadie advirtiera que la luna faltaba.

Fue una maravilla la noche en la tierra. La luna paseó por la selva del alto Paraná, conoció misteriosos aromas y sabores y nado largamente en el río.

Un viejo labrador la salvó dos veces. Cuando el jaguar iba a clavar sus dientes en el cuello de la luna, el viejo degolló a la fiera con su cuchillo; y cuando la luna tuvo hambre la llevó a su casa.

"Te ofrecemos nuestra pobreza", dijo la mujer del labrador, y le dio unas tortillas de maíz.

A la noche siguiente, desde el cielo, la luna se asomó a la casa de sus amigos. El viejo labrador había construido su choza en un claro de la selva, muy lejos de las aldeas. Allí vivía, como en un exilio, con su mujer y su hija.

La luna descubrió que en aquella casa no quedaba nada que comer. Para ella habían sido las últimas tortillas de maíz. Entonces iluminó el lugar con la mejor de sus luces y pidió a las nubes que dejasen caer, alrededor de la choza, una llovizna muy especial.

Al amanecer en esa tierra habían brotado unos árboles desconocidos. Entre el verde oscuro de las hojas, asomaban las flores blancas.

Jamás murió la hija del viejo labrador. Ella es la dueña de la yerba mate y anda por el mundo ofreciéndola a los demás.

La yerba mate despierta a los dormidos, corrige a los haraganes y hace hermanas a las gentes que no se conocen.


Eduardo Galeano

lundi 6 août 2007

Romances et complaintes de la France d'autrefois: "Je vivroie liement" de Guillaume Machaut







Je vivroie liement,
Douce creature,
Se vous saviés vraiement
Qu'en vous fust parfaitement
Ma cure.

Dame de meinteing joli,
Plaisant, nette et pure,
Souvent me fait dire: "aymi"
Li maus que j'endure
Pour vous servir loyaument.
Et soiés seüre
Que je ne puis nullement
Vivre einsi, se longuement
Me dure.
Je vivroie liement,
Douce creature,
Se vous saviés vraiement
Qu'en vous fust parfaitement
Ma cure.

Car vous m'estes sans mercy
Et sans pité dure,
Et s'avés le cuer de mi
Mis en tel ardure
Qu'il morra certeinnement
De mort trop obscure,
Se pour son aligement
Merci n'est procheinnement
Meüre.
Je vivroie liement,
Douce creature,
Se vous saviés vraiement
Qu'en vous fust parfaitement
Ma cure.






Special thanks to Rafael Jara


To see the translation in english:
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samedi 4 août 2007

Märchen aus Finnland

Es waren einmal ein Mann und eine Frau, die lebten in Frieden und Eintracht miteinander und hatten sich so gern, wie es besser nicht möglich war. Als sie so lebten, redeten sie einmal miteinander, und der Mann sagte zu der Frau: "Wenn ich sterbe, wirst du dir einen anderen Mann nehmen ?" Und die Frau sagte darauf: "Und du nimmst dir sicher eine andere Frau, du bleibst nicht ledig." Aber einer glaubte dem anderen nicht.Dann machten sie miteinander aus, dass weder er noch sie wieder heiraten wollten.

Da starb die Frau.

Erst lebte der Mann eine Weile ohne Frau, weil er überhaupt nicht wieder heiraten wollte. Als aber eine Zeit vergangen war, dachte er: "Was soll ich um sie trauern? Ich heirate wieder." Und er nahm sich eine Frau. Schon wollte er sie zur Trauung führen, da fiel ihm ein: "Ach, ich will doch zu meiner Frau gehen und ihr Lebewohl sagen, die Tote um Verzeihung bitten". Er ging hin und verbeugte sich am Grabe: "Verzeih mir! Ich gehe zur Trauung, ich heirate wieder." -Die Braut war bei der Kirche stehen geblieben, während der Mann seine verstorbene Frau besuchte-,


Da öffnete sich das Grab....
da öffnetne sich das Grab, und sie rief ihn zu sich: "Komm, komm, fürchte dich nicht, komm hierher!" Sie rief ihn ins Grab und sagte zu ihm: "Weisst du nicht, dass wir uns versprochen hatten, dass der nicht wieder heiraten sollte, der übrig bliebe ?" Und sie fordete ihn auf, auf dem Sarge zu sitzen.
"Trinkst du Wein ?", sagte die Frau im Grabe zu ihm. Und sie gab ihm einen Becher, und der Mann trank. Dann woltte er fortgehen, aber sie bat: "Bleib doch hier und lass uns vertraulich plaudern!" Sie goss ihm einen zweiten Becher ein, und der Mann trank wieder. Dann stand er wieder auf und wollte gehen, aber wieder sagte sie: "Lass uns noch plaudern! ". Und der Mann blieb und plauderte.

-Zu Hause hielten sie eine Andacht, weil sie glaubten, der Mann sei gestorben. Die Braut wartete und wartete und ging schliesslich zu ihren Eltern zurück.-

Und sie gab ihm den dritten Becher, und immer noch bat sie ihn zu bleiben. Endlich liess sie ihn fort: "Geh nun hin!" sagte sie.

Da ging der Mann fort. Er kam zur Kirche, aber da war kein Pfarrer mehr, nichts mehr - und er selbst war grau wie eine alter Wiedehopf, weil er dreissig Jahre im Grabe gewesen war.



Verena Kast
Wege aus Angst und Symbiose, Walter Verlag 1982

mardi 3 juillet 2007

Romances et complaintes de la France d'autrefois : Le Roi Renaud








Le roi Renaud de guerre vint
Portant ses tripes en ses mains
Sa mère était sur le créneau
Qui vit venir son fils Renaud.

"Renaud, Renaud, réjouis-toi
Ta femme est accouchée d'un roi !
- Ni de la femme ni du fils
Je ne saurai me réjouir."

Allez ma mère, allez devant;
Faites-moi faire un beau lit blanc;
Guère de temps n'y demorrai,
A la minuit trépasserai.

Mais faites l'moi faire ici bas
Que l'accouchée n'entende pas."
Et quand ce vint sur la minuit
Le roi Renaud rendit l'esprit.

Il ne fut pas le matin jour
Que les valets ploroient tretous
Il ne fut temps de déjeuner
Que les servantes ont ploré.

"Dites-moi ma mère, m'ami
Que plourent nos valets ici ?
- Ma fille en baignant nos chevaux
Ont laissé noyé le plus beau.

- Et pourquoi ma mère m'ami
Pour un cheval plorer ainsi?
Quand le roi Renaud reviendra,
Plus beaux chevaux amènera.

Dites-moi ma mère m'ami
Que plourent nos servantes ici ?
- Ma fille, en lavant nos linceuls,
Ont laissé aller le plus neuf.

- Et pourquoi ma mère m'ami
Pour un linceul plorer ainsi ?
Quand le roi Renaud reviendra,
Plus beaux linceuls achètera."

Or, quand ce fut pour relever
A la messe el voulut aller.
Or, quand ce fut passé huit jours
El voulut faire ses atours:

" Dites-moi ma mère m'ami
Quel habit prendrai-je aujourd'hui ?
- Prenez le vert, prenez le gris,
Prenez le noir pour mieux choisir.

- Dites-moi ma mère m'ami
Ce que ce noir-là signifi' ?
- Femme qui relève d'enfant
Le noir lui est bien plus séant."

Quand el fut dans l'église entrée
Le cierge on lui a présenté
Aperçut en s'agenouillant
La terre fraîche sous son banc.

" Dites-moi ma mère m'ami
Pourquoi la terre est rafraîchi' ?
- Ma fille, ne l' vous puis plus celer
Renaud est mort et enterré.

- Puisque le roi Renaud est mort
Voici les clés de mon trésor.
Prenez mes bagues et joyaux
Nourrissez bien le fils Renaud.

Terre, fens-toi, terre ouvre-toi,
Que j'aille avec Renaud mon roi !
Terre fendit, terre s'ouvrit,
Et si fut la belle englouti'.








Ceci n'est qu'une des très nombreuses versions (environ 60) de cette chanson. Son origine est assez complexe. Elle est issue de la greffe d'une chanson du XIIIe siècle qui raconte le retour du comte Renaud sur une chanson du XVIe (le comte Redor) issue d'une légende scandinave qui a fait fureur en Europe et engendré de nombreux textes dans divers pays.
L'un de ces textes est "le Comte Redor" en Bretagne qui est sans doute à l'origine de la fusion (car il y a peut être des versions dérivées). Par exemple, dans l'une des versions, la femme de Renaud entend les ouvriers clouer le cercueil. Dans une autre, elle exige que le fils nouveau-né soit enterré vivant avec elle.

النهاية




....حبيبتي




....قريبا، تأتي رحلة الحياة إلى نهايتها



.... ولربما لا يكون لنا بعد اليوم أبدا من لقاء






....فوداعا




....إلى أن نلتقي يوما عند تلك البقاع المشرقة



....هناك...بعيدا..على تلك الضفة الخالدة